Hydres (projet en cours)

Installation, 2022

La relation au souffle, au vent des instruments, à leur autonomie m’a amené à envisager la dimension organique, le caractère vivant des objets que je produit. L’autonomie en question, leur capacité à jouer seuls pendant un temps donné peut être évoquée sous le terme de durée de vie. Le numérique apparaît alors comme un outil opportun afin de brouiller les frontières mécanique/organique, vivant/non-vivant, en augmentant, complexifiant l’agentivité, le pouvoir d’agir des objets sonores que je produit. 

Le projet Hydres dont les contours sont tentaculaires s’inscrit dans cette perspective. Il sera composé de plusieurs installations comme des organismes-cornemuses qui respirent et bourdonnent toutes seules. Ou que des sculptures à l’apparence minérale mises en vibration par la chute de gouttes d’eau. Activées à l’aide de contrôleurs numériques développés avec Interface-Z, j’ai l’intention de développer le caractère vivant de mes installations.

Je souhaite cependant mettre l’accent sur l’aspect paradoxal qu’il peut y avoir dans la fabrication d’instruments à l’aspect organique mais qui ne sont finalement qu’un semblant de vie.

La dimension artificielle mise en valeur par la présence assumée des objets activateurs et de leur esthétique quasi-clinique. Un respirateur sous la forme d’une grande pompe en plexiglas transparent activée par un vérin électrique enverra de l’air dans les cornemuses posées au sol qui donneront l’impression de respirer. Une cuve transparente et remplie d’eau, mise sous pression par un compresseur silencieux permettra de faire monter l’eau jusqu’au plafond pour faire perler des gouttes d’eau au dessus de la sculpture à l’aspect minéral. Celle-ci sera composée d’un ensemble de plaques en tôle rouillée dont l’aspect continuera d’évoluer durant chaque mise en exposition.